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Bulletin 3/2019

L’archéologie en Suisse

Contexte, tâches et organisation

En Suisse, la culture, et donc aussi l’archéologie, est du ressort des cantons. Or ceux-ci ont tous leur propre législation. La plupart ont créé, pour assumer les tâches liées à ce domaine, un service spécialisé en archéologie. Les tâches de ces « services cantonaux d’archéologie » se résument en cinq points : 1) protéger le patrimoine archéologique, 2) établir des documentations sur les vestiges archéologiques menacés avant leur destruction, 3) archiver sur le long terme les objets découverts et la documentation, 4) analyser scientifiquement les résultats des fouilles, 5) transmettre au public et à la communauté scientifique les résultats obtenus.

En raison de la structure fédérale de la Suisse, la situation peut différer fortement d’un canton à l’autre. Sept d’entre eux ne disposent pas d’un service spécialisé capable d’assumer à lui seul des tâches opérationnelles. Quatre cantons ont des services d’archéologie assez faiblement dotés, alors que quatre autres disposent de ressources plutôt généreuses. Les onze cantons restants se situent entre les deux.

Dans la plupart des cantons, l’Etat prend en charge les coûts liés à l’archéologie ; dans un petit nombre d’entre eux pourtant, les coûts sont partagés avec les maitres d’ouvrage selon le principe dit du pollueur-payeur. Le rôle de la Confédération reste limité : elle subventionne une partie des prestations cantonales et finance les fouilles liées à l’accomplissement de tâches fédérales –­ par exemple à la construction d’autoroutes.

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Infographie (allemand)


La médiation culturelle : une chance pour l’archéologie

Un travail de transmission répondant aux exigences de notre temps est fondamental pour que la préservation du patrimoine archéologique soit largement acceptée dans notre société

Pour le Service d’archéologie du canton de Bâle-Ville, il est essentiel de présenter de manière attractive les résultats de ses recherches et de ses fouilles. Quatorze pour cent de ses ressources humaines et financières sont consacrées à cette tâche. Ce travail de transmission prend en compte l’évolution de la société. Afin d’accroître sa visibilité auprès du public, le service coopère avec une agence spécialisée. Grâce à des interventions dans l’espace public, au recours à des moyens numériques et à de bonnes relations avec les médias, la portée sociale de l’archéologie est mise en valeur et le public est sensibilisé aux intérêts de la discipline. 

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Du relevé des objets d’antiquité au géoportail

Les inventaires archéologiques de la Suisse servent à l’aménagement du territoire, à la recherche et à l’information du public intéressé. Il appartient aux cantons de répertorier les sites archéologiques. Le recueil systématique d’informations sur l’archéologie a une histoire plus que centenaire. Alors que les pionniers de l’inventoriage relevaient généralement les sites à la main sur des cartes, les techniques numériques actuelles permettent à un large public d’accéder en ligne à des informations dans le domaine de l’archéologie. En mettant à disposition des données archéologiques précises, on permet aux urbanistes, aux maîtres d’ouvrage et aux communes d’obtenir rapidement des informations et de planifier leurs projets de construction avec une plus grande sécurité. En outre, les données numériques offrent la possibilité de mener des recherches efficaces sur des questions scientifiques, par exemple en dressant des cartes de potentiel au moyen desquelles les archéologues peuvent estimer les découvertes possibles dans les zones encore inexplorées.

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Qui donc s’y retrouve encore ?

Les spécialisations dans l’archéologie, des plus courantes aux activités de niche

En archéologie aujourd’hui, nous avons besoin, en plus de nos compétences clés, de nombreuses connaissances provenant d’autres disciplines. Divers spécialistes « étrangers au domaine » (la plupart venant des sciences physiques et naturelles) accompagnent nos projets, de la fouille à l’analyse et à la publication des résultats. Cette collaboration fructueuse est indéniablement très favorable au développement de la connaissance. De ce fait cependant, la dépendance de notre discipline vis-à-vis de ses différents partenaires augmente elle aussi. Les archéologues ne peuvent plus guère poser un regard critique sur les résultats de leurs partenaires, compte tenu de leur haut degré de spécialisation.  

Des difficultés surgissent dans différents domaines. Les méthodes de travail personnelles se substituent aux procédures standard, compromettant ainsi la vérifiabilité et l’intelligibilité des résultats. On manque de lieux d’échange favorisant une véritable culture de l’erreur et un débat critique entre les différents partenaires qui permettrait de dégager des bonnes pratiques et des leçons à retenir. Les solutions permettant le libre échange des données et la centralisation du stockage à long terme des données importantes font défaut, que ce soit en raison d’un manque d’intérêt ou, simplement, de difficultés techniques.

En tant que donneurs d’ordre, nous avons naturellement notre part de responsabilité. En l’absence d’une assurance de la qualité qui fonctionne bien, des erreurs sont faites, notre crédibilité en souffre et les ressources, déjà souvent insuffisantes, ne peuvent être utilisées efficacement. 

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Ensemble autour du patrimoine culturel subaquatique

A propos de la gestion de la série transnationale des « Sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes »

Depuis 2011, les « Sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes » sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Ce site sériel et transnational comprend 111 sites archéologiques situés dans des zones lacustres et marécageuses de six pays : la Suisse, l’Italie, l’Allemagne, la France, l’Autriche et la Slovénie. Le grand nombre de ces sites et leur caractère international ne manque pas de poser des défis particuliers en matière de coordination et de gestion.

Afin de relever ces défis, les pays impliqués ont mis en place des structures appropriées. Après leur candidature commune, due à l’initiative de la Suisse, ils ont uni leurs forces pour former un Groupe international de coordination (International Coordination Group, ICG). Ce groupe assure la coordination internationale des mesures de protection, de la recherche et de la valorisation du patrimoine. La diversité du cadre légal et institutionnel des pays concernés représente un enjeu de taille. 

La mise en place de normes communes de protection et de contrôle, l’échange de données, l’assurance de la qualité dans la recherche et les projets en matière de communication et de relations publiques menés en commun représentent autant d’étapes en vue d’une coopération internationale réussie. Les questions posées concernant les bonnes pratiques (best practice), la ratification par la Suisse de la Convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique, l’engagement de certaines communes à échanger des informations au-delà des frontières, tout cela montre que l’inscription au patrimoine de l’Unesco a déjà suscité des développements qui s’inscrivent dans l’esprit de l’Unesco, aussi en dehors des sites eux-mêmes.

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Le patrimoine archéologique glaciaire en Suisse: opportunités et urgences

Depuis plus de 150 ans, le réchauffement climatique provoque la fonte accélérée des glaces. Dans les zones alpines, ce phénomène, qui succède à la période froide du Petit Âge Glaciaire (XVIIIe-XIXe siècle), a conduit à la découverte d’objets archéologiques en haute montagne, vieux pour certains de plusieurs millénaires. Souvent très fragiles, ils renouvellent en profondeur nos connaissances sur la fréquentation des passages de haute altitude et sur le comportement des hommes au-delà des zones habitées. Si, sur le territoire de la Suisse, les premières mentions de trouvailles glaciaires remontent au milieu du XIXe siècle, leur nombre a fortement augmenté à la fin du XXe siècle. Ce n’est qu’après la découverte spectaculaire faite en 2003 au Schnidejoch dans les Alpes bernoises que des interventions de sauvetage ont été entreprises avec, en parallèle, la mise en place de projets visant à mieux localiser les zones les plus sensibles.

Il est à prévoir que d’autres trouvailles importantes vont survenir, en particulier dans des secteurs frontaliers; cela devrait inciter les instances en charge de la protection de ce patrimoine à s’associer et à coordonner leurs opérations. Au vu de l’étendue des zones à surveiller, une grande partie des futures découvertes sera le fait des randonneurs et utilisateurs de la haute montagne, nécessitant des actions de sensibilisation à large échelle et l’association des non-professionnels à ces opérations.

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