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Bulletin NIKE 1/2019

Couleurs dynamiques

Le trajet qui me conduit vers le Vitrocentre, au château de Romont, longe la Collégiale de la ville, un sublime édifice médiéval, doté d’un ensemble emblématique de vitraux du XIVe au XXe siècle, qui a inspiré la création du Vitromusée voisin. Depuis trente ans les merveilles de cette église m’incitent à des détours parfois plus que quotidiens. Elles m’ont procuré une sensation dont il sera question ici et qui a profondément marqué ma perception de ces œuvres d’art: ces vitraux ne sont jamais les mêmes.

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Quand les couleurs s’altèrent: le point de vue de la restauration

Préserver aussi intégralement que possible la substance des biens culturels est au cœur de la conservation et de la restauration. A cet égard, la couleur joue un rôle essentiel; pourtant, justement dans ce domaine, les possibilités d’intervention sont extrêmement restreintes. Vouloir récupérer les couleurs d’origine est une illusion, on le voit bien avec les meubles. Les meilleurs résultats s’obtiennent par le nettoyage et le dépoussiérage, qui permettent d’améliorer l’effet visuel, du moins jusqu’aux prochaines salissures.

Grâce aux précautions prises par les artistes des époques passées, bien documentées par écrit, et à leurs réflexions sur les propriétés des pigments et des liants, un nombre étonnant d’ouvrages d’art sont arrivés jusqu’à nous en assez bon état. Nous essayons aujourd’hui, par la conservation préventive, de créer les meilleures conditions possibles pour retarder les altérations de couleurs – car il est impossible de les stopper définitivement. Il s’agit de trouver un équilibre entre le respect inconditionnel de l’œuvre d’art et le souhait d’en profiter pleinement. L’analyse des mécanismes précis du vieillissement doit fournir des données fiables pour pouvoir estimer au mieux les risques auxquels les biens culturels sont exposés. Il est probable que nous arriverons un jour à déterminer exactement les couleurs d’origine et à les reconstruire virtuellement. Cette nouvelle étape pourrait alors modifier une nouvelle fois le regard que nous portons sur certaines œuvres d’art.

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Parler des couleurs dans la conservation des monuments historiques

Les couleurs sont un sujet clef dans la conservation des monuments. Elles sont une mine d’informations inépuisable pour l’histoire de l’artisanat et de la culture architecturale. Quand il s’agit de documenter les résultats d’une intervention de restauration ou de décider de mesures concernant des monuments historiques, il est essentiel de pouvoir communiquer avec les architectes, les artisans et les propriétaires. Or c’est une entreprise plus délicate qu’on ne l’imagine: car la couleur est non seulement matérialité, mais aussi sensation visuelle, c’est-à-dire expérience sensorielle subjective. Il vaut donc la peine d’utiliser des échantillons de couleurs appliqués sur des nuanciers pour parvenir à un bon résultat.

Grâce aux recherches empiriques de la Maison des couleurs (Haus der Farbe) de Zurich, on est aujourd’hui, depuis une dizaine d’années, plus attentif à la question des couleurs de la ville et des quartiers. Les études se concentrent sur la tradition locale: elles sensibilisent aux couleurs utilisées autrefois dans la région et les mettent en valeur. Le débat s’en trouve élargi et les discussions sont facilitées. L’objectif est de mettre au point une classification qui viendrait en aide aux divers intervenants dans le choix des couleurs. L’histoire de la tradition locale en matière de couleurs, et partant, de l’identité d’un lieu, est riche, mais il faut pouvoir l’explorer, la documenter, l’interpréter et la faire connaître: il en va ici tout autant de la puissance d’évocation d’une construction individuelle que du caractère de tout l’ensemble urbain.

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Des palettes de couleurs pour les espaces intérieurs et extérieurs

L’assortiment des couleurs et, plus précisément, la quantité de couleurs, leurs tons, leur matérialité et leur luminosité sont autant de facteurs qui imprègnent fortement les bâtiments et les sites construits. Autant dans les travaux de restauration que pour l’entretien et la transformation des bâtiments, il est important de disposer de couleurs de référence précises, qui montrent les spécificités des différents coloris au sein d’un ensemble. Ces cartes des couleurs, ou nuanciers, sont des moyens de communication et des outils visuels. Elles facilitent les discussions sur le choix de couleurs, puis la planification et la mise en œuvre des décisions prises. La méthode utilisée pour élaborer ces palettes de couleurs – relevé des couleurs, mélange et application – est toujours la même, mais les résultats sont à chaque fois sur mesure et s’adaptent aux besoins du donneur d’ordre et à la situation concrète. 

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La couleur dans les mosaïques

Les mosaïques antiques sont généralement réputées pour leurs couleurs chatoyantes et leurs motifs parfois complexes. Le style des décors et les couleurs employées sont cependant différents d’une région à l’autre et dépendent non seulement des matériaux utilisés, mais aussi de modes décoratives en vogue à certaines périodes et dans des zones géographiques particulières.

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Bien plus coloré qu’on ne le supposait

Sur les traces des couleurs d’origine des fresques carolingiennes de Müstair

Le monastère Saint-Jean-Baptiste de Müstair (GR), inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, est réputé dans le monde entier pour les fresques carolingiennes et romanes de son église. Durant les 12 siècles d’histoire du couvent, les nombreux dommages subis et les interventions humaines ont fortement réduit et transformé la substance originelle de ces fresques. Les études scientifiques et de technique picturale menées depuis les années 1980 ont montré qu’autrefois les peintures présentaient une palette de couleurs nettement plus riche qu’on ne le supposait jusqu’alors.

Les travaux de restauration commencés en 2014, parallèlement à des études scientifiques, fournissent des informations nouvelles et précieuses sur les couleurs des fresques carolingiennes. D’après ces éléments, on peut admettre que les tons jaune, vert et bleu, aujourd’hui disparus, jouaient jadis un rôle essentiel dans la composition. On a pu en outre constater la présence de vernis et de lasure, ce qui suggère que les ombres et les lumières étaient réalisées avec bien plus de nuances qu’il ne nous paraît aujourd’hui. Les données rassemblées lors des récents travaux de conservation et de restauration seront mises à disposition du public dès que possible et devraient déboucher sur une reconstruction virtuelle de la polychromie originelle des fresques.

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Les tenues colorées de la Vierge noire d’Einsiedeln

A intervalles réguliers, la Vierge noire d’Einsiedeln, hautement vénérée par les moines et les pèlerins, est revêtue d’un nouvel habit de couleur différente. Cette tradition remonte à la fin du XVe siècle. C’est à l’époque baroque qu’est apparue cette mise en scène, qui prévaut encore de nos jours: on drape Marie d’un long manteau et d’un voile, l’enfant Jésus reçoit un petit manteau du même tissu et de même coupe, on les pare tous deux de couronnes, ainsi que de bijoux et d’un sceptre pour Marie. Le choix de la couleur suit le calendrier liturgique et les fêtes religieuses spécifiques aux moines bénédictins du cloître d’Einsiedeln, telles la consécration des anges et l’anniversaire de la mort de Saint Meinrad. Environ vingt fois par an, la Madone est revêtue d’un des 36 vêtements qui constituent aujourd’hui sa garde-robe. Si la plus ancienne de ces pièces date de 1685, les dons continuent encore d’affluer de nos jours. Certains des vêtements sont faits de tissus richement brodés, agrémentés de pierres précieuses, mais aussi d’autres d’étoffes plus ordinaires. A côté de quelques habits brodés multicolores, la Vierge noire d’Ensiedeln porte essentiellement les couleurs liturgiques que sont le rouge, le violet, le blanc, le vert ainsi que le bleu.

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Le prestige du gris

Les sculptures de la chaire de la cathédrale Saint-Nicolas à Fribourg

Les sculptures de la chaire de la cathédrale Saint-Nicolas ont été démontées en 1990 pour des raisons de conservation et de sécurité. Après les longs travaux de restauration effectués dans la cathédrale, la chaire avec ses sculptures bichromes (une épaisse couche de peinture grise avec des placages de métal) est un des rares objets à ne pas avoir encore été traités. Dans le cadre d’une thèse de master à la Haute école des arts de Berne (HEAB), les six statuettes de la chaire ont été examinées du point de vue de la technologie de l’art. Ces sculptures forment un ensemble non homogène, ce qui s’explique par les différentes interventions qu’elles ont subies au fil des siècles (remplacements, remplacements partiels, polychromies).

Pour reconstruire l’histoire de ces objets, l’analyse des différentes couches de couleurs a joué un rôle clé, puisque chaque intervention donnait lieu à une nouvelle application. On a pu établir que cinq des six sculptures datent du XVIe siècle et qu’elles ont été fabriquées dans les ateliers de Hans Geiler et de Hans Gieng, alors que la sixième serait plus tardive, probablement du XVIIe ou du XVIIIe siècle. Deux des trois statuettes de l’atelier de Gieng ont été sculptées dos à dos à partir d’une même souche de bois. On a constaté que les sculptures avaient reçu jusqu’à quatre couches de peinture grise et cinq placages de métal. A l’origine, avant le remplacement de certaines d’entre elles, les statuettes étaient faites de grès et recouvertes d’une couche de peinture gris clair avec des plinthes en zwischgold, une dorure constituée de feuilles d’or et d’argent. Les six statuettes, de quelque 30 cm de haut, permettent une meilleure compréhension des techniques appliquées par les sculpteurs fribourgeois au XVIe siècle.

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«Bleÿgelb, Umbra und Silbergledt»

Les recettes de couleurs du peintre-verrier et peintre sous verre Ulrich Daniel Metzger

Le Vitrocentre Romont mène actuellement un projet de recherche financé par le Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique sur le peintre sous verre et peintre-verrier Ulrich Daniel Metzger (*1671 à Spire) et son livre de voyage et de recettes. Même si peu d’œuvres sont parvenues jusqu’à nous, il a laissé une empreinte considérable grâce à ce manuscrit extrêmement révélateur de la vie artistique et de la technologie de l’art du XVIIIe siècle qui recèle entre autres des recettes utilisées pour la préparation des liants et l’application des couleurs.

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Les couleurs du cinéma

Depuis l’invention du cinéma, vers la fin du XIXe siècle, on a essayé d’enrichir les films avec de la couleur. Pour colorier les films en noir et blanc, on les trempait dans des bains colorants, par exemple, ou on les coloriait à la main ou à l’aide de pochoirs. Plus tard sont venus des procédés mimétiques cherchant à appliquer des couleurs sur les films au moyen de techniques photographiques, ce qui s’est révélé très complexe. Le projet de recherche en sciences cinématographiques FilmColors. Bridging the Gap Between Technology and Aesthetics, du Conseil européen de la recherche (European Research Council), financé par un subside ERC Advanced Grant, a son siège à l’université de Zurich; il étudie, dans une approche interdisciplinaire, les relations entre technique et esthétique du film en couleurs sur la période allant de 1895 à 1995.

Une des notions clés de cette étude est l’esthétique de la matière, par laquelle on analyse la façon dont les propriétés matérielles affectent les qualités esthétiques des films. Pour mener à bien ce projet de recherche, des films en couleurs provenant des archives cinématographiques d’Europe, des Etats-Unis et du Japon ont été documentés par des photographies; on étudie ensuite les techniques choisies pour la couleur en analysant une grande quantité de films. Outre l’analyse formelle et esthétique assistée par ordinateur du corpus, l’équipe de chercheurs utilise des méthodes de mesure scientifiques pour déterminer les propriétés physiques des films couleurs. L’objectif de ces approches diversifiées est de restaurer et de numériser des films historiques en couleurs à l’aide de méthodes scientifiques, afin qu’on puisse les regarder à nouveau.

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