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Quand on met cartes sur table: la table dans la langue allemande

Depuis fort longtemps, la table est un endroit essentiel pour les échanges d’idées: que ce soit à la maison, à l’auberge ou au bureau, c’est autour de la table de cuisine, de salle à manger ou de salon, de la table des habitués ou de la table de conférence que se forment les opinions. C’est à table qu’on se rencontre, qu’on mange et qu’on boit, qu’on joue ou travaille, qu’on raconte des histoires, qu’on discute ou se dispute, qu’on échafaude des projets, ou encore qu’on rit et qu’on chante. La table est certainement un des creusets de la démocratie moderne. De nombreuses locutions témoignent encore de cette fonction de carrefour des idées: l’expression «jemanden (mit jemandem) an einen Tisch bringen» (littéralement «amener deux personnes à la même table») signifie que l’on convainc les personnes concernées de négocier, et «sich mit jemandem an einen Tisch setzen» (littéralement «s’asseoir avec quelqu’un à la même table»), que l’on est soi-même prêt à négocier avec la personne en question.

Le mot «Tafel» (table) provient du paléo-roman «tavola», qui lui-même remonte au latin «tabula» et ne désigne à l’origine qu’une simple planche. Au Moyen-Âge, Wolfram von Eschenbach décrit dans son poème épique «Parzival» un somptueux festin, pour lequel on apporte cent tables, qui accueillent chacune quatre chevaliers. Cette description permet de comprendre comment la locution «die Tafel aufheben» (littéralement «enlever la table») peut signifier «mettre fin au repas». A l’origine, elle signifiait simplement qu’à la fin du repas, on enlevait le plateau qui avait servi de table et on le sortait de la pièce (la locution française «mettre la table» décrit l’opération inverse).

Généralement, nous nous mettons volontiers «à table» («zu Tisch») pour manger. D’une personne qui se laisse servir, voire entretenir, sans rien faire, on dit qu’elle «met les pieds sous la table» («die Füsse unter jemandes Tisch strecken»). En allemand, on dit de celui qui prépare la table pour un repas qu’il la «couvre» («den Tisch decken»), parce qu’il y dispose effectivement nappe, vaisselle, fourchettes, couteaux, etc., autrement dit parce qu’il y met… le couvert. Enfin, le mot «Tisch» désigne depuis longtemps, au sens figuré, le repas lui-même ou, plus généralement, la nourriture ou les plats proposés (comme en français «les plaisirs de la table» ou «une bonne table»).

Image: Jeanmaire & Michel

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